Ce matin, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a présenté sa démission, mais Emmanuel Macron n’a pas voulu l’accepter.

« Oui, samedi, dans certaines grandes villes, on a perdu le contrôle », reconnaît Laurent Nuñez. »Si le ministre reconnaît sa part de responsabilité dans les violences urbaines qui ont eu lieu samedi, il dit ne pas souhaiter que ces débats « éludent » la responsabilité « des casseurs, des pilleurs et des militants d’ultragauche », qui voulaient « tuer des policiers ». »
Laurent Nuñez met en cause La France Insoumise qui, selon lui, porterait une responsabilité politique puisque selon lui encore, le parti ne dénonce pas, avec la « vigueur » suffisante, les violences qui ont été commises. Il ne s’est pas gardé de saluer le courage des forces de sécurité intérieure, qui ont procédé à 2 400 interpellations. « J’attends une réponse extrêmement ferme de la justice », a-t-il martelé.
S’il déplore une situation «extrêmement difficile à gérer » et « ne doit pas se reproduire », on ne l’a jamais entendu sur les blessées, les mains arrachées, les blessures causées par les grenades de désencerclement ou les yeux perdus par les grenades assourdissantes. Sur le plateau d’émission de France 2 Télématin, le ministre de l’Intérieur avait déclaré le 16 octobre que ces grenades assourdissantes pourraient être utilisées en cas de « violences urbaines extrêmement graves ». Pourtant, elles ont été utilisées toutes les trente secondes pendant des heures. Et elles ont encore fait des blessés graves.
C’est donc ce matin que Laurent Nuñez a présenté sa démission. Emmanuel Macron l’a refusé et lui a demandé de déployer « au plus vite sur le terrain de nouveaux modes d’action (…) contre les casseurs », a annoncé lundi l’Elysée.
« Compte tenu de la nécessité d’un commandement continu des forces de l’ordre dans le contexte actuel, le président de la République a refusé » la démission de M. Nuñez.
E. Macron a par ailleurs de nouveau réclamé de la « transparence », pointant « les défaillances d’anticipation et de renseignements » qui ont conduit à des émeutes, des destructions et pillages de nombreux commerces.
Dans son allocution d’hier, le chef d’État a ainsi exprimé : Chacun doit prendre ses responsabilités. Le pays a besoin d’ordre, d’apaisement et pas d’une escalade », prônant, à six mois du premier tour de la présidentielle, des débats « avec les partis et non pas dans la rue ». C’est drôle, parce que cela fait des années qu’on descend dans les rues pacifiquement, mais qu’il ne se passe rien. Peut-être est-ce pour ça qu’on finit par faire plus de bruit. Vous défendez l’usage de grenades assourdissantes, et vous nous parlez de débats ? On ne peut pas parler à ceux qui n’écoutent pas.
Salomé L.






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