Manifester n’est plus un droit aujourd’hui. En protestant, on s’expose à la violence policière. On ne nous entend pas, et pire, on nous fait taire. Alors qu’un acte II est prévu le 24 octobre et qu’un couvre-feu a été mis en place, voilà qu’on nous annonce qu’on pourra désormais voir notre droit de vote suspendu.

Gérald Darmanin, ministre de la Justice réclame ainsi une « extrême fermeté » contre les personnes accusées d’avoir commis des violences en marge du mouvement social. Par contre, aucune mesure n’a été déclarée contre les forces de l’ordre et les violences qu’elles ont commises, laissant des visages et des corps détruits. La violence pour le gouvernement n’est que du côté des manifestants…

« Les procureurs généraux sont invités à requérir, dans la plupart des cas, la fin des droits civiques pour un certain temps et notamment du droit de voter » contre les personnes accusées de violences dans le cadre des manifestations. Voilà à quoi appelle le ministre de la « justice ». En plus de cette suspension, un bannissement des réseaux sociaux et une interdiction de manifester pourront être appliqués aux manifestants («si les personnes continuent à manifester malgré cette peine, c’est un an de prison et 15 000 euros d’amende», a enfoncé le ministre).

Il a ainsi poursuivi : «Je ne vois pas comment quelqu’un qui s’en prendrait aux policiers ou aux gendarmes ou qui pillerait des commerces pourrait utiliser ses droits civiques dans les prochaines élections». Par contre, un gouvernement qui n’écoute personne, qui légitime et incite les violences policières sans jamais les condamner ne pose aucun problème.

Couvre-feu et Sentinelle : toujours plus de répression

Instaurer un couvre-feu, de 23 heures à 6 heures dans « les périmètres de la place de la République et du secteur des Halles » jusqu’à lundi matin, 217 personnes incarcérées (parmi les 2 700 placées en garde à vue suite au 17 octobre), envoi annoncé de la force Sentinelle, samedi, pour « des missions de sécurisation statique » habituellement assurées par des policiers…

Alors qu’Emmanuel Macron prétend être « ouvert au dialogue », le gouvernement oppose aux revendications populaires couvre-feu, arrestations et déploiement militaire. Derrière les discours d’apaisement, c’est une logique autoritaire de maintien de l’ordre qui s’impose, criminalisant la contestation plutôt que d’en entendre les revendications. Une réponse qui illustre une fois de plus le mépris du pouvoir pour les colères sociales et sa volonté de faire taire celleux qui contestent l’ordre établi.

Pour celleux qui en doutaient encore, le vernis démocratique craque, laissant apparaître toujours un peu plus un pouvoir qui préfère museler les voix dissidentes plutôt que d’entendre leurs colères. Quand contester devient un motif d’exclusion politique, c’est la démocratie elle-même qui est attaquée, au nom du maintien de l’ordre établi.

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