Paris, novembre 1990. Des lycéen·nes manifestent à Paris. La cause ? Le manque de moyens et l’insécurité. Octobre 2026, des lycéen·nes manifestent en faisant des blocus. Les revendications ne changent pas. À une chose près : l’insécurité, c’est la police qui la crée.

Octobre 1990. C’était il y a 36 ans. La colère monte en banlieue parisienne. Locaux vétustes, manque de professeurs, classes surchargées. Le matériel lui aussi manque et sont réclamés plus de droits et de représentation pour les élèves.

Personne ne veut que ces débats parlent seulement de sécurité. Les syndicats de jeunes décident donc de parler plutôt du budget, de la rénovation des établissements et des conditions de rentrée. Si la colère commence à monter d’abord en Seine dans les lycées professionnels de banlieue, notamment en Seine-Saint-Denis à Montreuil et dans le Val-d’Oise à Argenteuil, elle gagne peu à peu toute la France. 150.000 à 200.000 lycéens étaient alors dans les rues un peu partout en France pour manifester.

Le 5 novembre 1990, la mobilisation atteint son maximum. Les lycéen·nes ont de nouvelles revendications et demandent des changements importants du système. La création de 1000 postes de personnels non-enseignants et de 3.000 jeunes surveillants sont décidés par le Premier ministre Michel Rocard et le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse Lionel Jospin. Pourtant, il reste encore des revendications. La mobilisation se poursuit.

12 novembre : alors que 200 000 personnes défilent à Paris, la mobilisation dégénère. François Mitterrand demande alors à ce que les jeunes soient entendus. Il reçoit ainsi à l’Élysée des manifestants autour de la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne) et de Nasser Ramdane (figure du mouvement lycéen).

14 novembre : le gouvernement décidera de débloquer 4,5 milliards de francs (1,2 milliard d’euros), pour financer un plan d’urgence des lycées. Dans ces 4,5 milliards, 2 milliards de francs de crédits budgétaires de l’État sont consacrés à la rénovation, 2 milliards de francs de prêts bonifiés pour les régions et d’autres crédits pour la vie des établissements. C’est à ce moment-là que seront créés les Conseils de la vie lycéenne (CVL), pour que les élèves puissent participer aux décisions qui concernent leurs établissements.

Ces 4,5 milliards ne sont pas de trop puisqu’en 1988, un rapport de l’Inspection générale a déjà estimé à 6 milliards de francs les dépenses nécessaires pour remettre les lycées dans un état satisfaisant.

Pourquoi la mobilisation s’est fait entendre

Si une telle décision a été prise par le gouvernement à l’époque, c’est aussi car le gouvernement, porté par Michel Rocard, était de gauche. À l’époque, des mesures concrètes ont été prises et beaucoup d’argent a été investi dans les établissements. Aujourd’hui, avec Sébastien Lecornu, la réponse gouvernementale est différente. Le dialogue en 1990 a été instauré, tandis qu’en 2026 les blocages sont présentés comme des troubles à l’ordre public et des violences. En 1990, on parlait d’investir. En 2026, seul le maintien de l’ordre compte pour le gouvernement. Mais l’ordre peut se renverser, et il en est temps !

Retrouvez juste ici l’archive INA : https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/mouvement-social-plan-juppe-greve-generale-manifestation-salaries-etudiants-jeunes

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